
Publié: 17 janvier 2011 Dernière mise à jour: 17 janvier 2011
Le règne de la maison d’Orange-Nassau commence en 1815 lorsque, suite à l'occupation française, Guillaume d’Orange est sacré roi des Pays-Bas (un Royaume qui comprend alors la Belgique et le Luxembourg) sous le nom de Guillaume Ier.
Le roi Guillaume Ier, qui s’est battu contre les Français aux côtés des Anglais à la bataille de Waterloo (il y a d'ailleurs été blessé et la butte du lion a été érigée par son père à l'endroit précis où l'incident s'est produit), est un descendant de Guillaume d'Orange-Nassau, dit Guillaume le Taciturne.
Cet homme d'exception, considéré comme le «père de la patrie» et
le fondateur de la dynastie royale néerlandaise (c'est de lui qu'il est question dans l'hymne national, le Wilhelmus), était en fait un prince allemand.
Né à Dillenburg (Allemagne) en 1533 dans une famille
luthérienne, Guillaume de Nassau hérite en 1544 de la principauté d'Orange (France),
possession de son oncle René de Chalon, mort sans descendance, à la
condition de devenir catholique. Il rejoint la même année la cour de
Bruxelles, où il est éduqué par l'archiduchesse-reine Marie de
Hongrie, soeur de l'empereur Charles-Quint et gouvernante en son nom des
Pays-Bas. À la mort de Charles-Quint, son fils, le roi Philippe II d'Espagne, lui assigne en 1559 la charge de
prince souverain (stadhouder, version néerlandaise du latin
médiéval locum tenens, en français
lieu-tenant) des provinces de Hollande, Zélande et Utrecht.
Très vite, les choses tournent toutefois mal entre le monarque espagnol et le prince. En 1568, excédées par les restrictions infligées à la liberté religieuse et les tendances absolutistes de Philippe II, un certain nombre de provinces du Nord se révoltent. Guillaume d’Orange-Nassau prend leur tête. C’est le début d’une guerre qui va durer 80 ans et se terminer en 1648 par la signature du traité de Münster, qui proclame la République des Provinces Unies.
Guillaume
d'Orange-Nassau ne verra pas la création de cette République: il
est
assassiné dans cette ville en 1584 par un partisan de Philippe II.
Composée de 7 provinces souveraines (la Hollande, la Zélande, Utrecht, la Frise, Groningue, l’Overijssel et la Gueldre), la République est dirigée par un stadhouder, une fonction dont sont investis les descendants de Guillaume d’Orange-Nassau, même si la continuité héréditaire ne se fait pas toujours en ligne directe.
Au 17ème siècle, le Siècle d’or des Pays-Bas, la République connaît une prospérité sans précédent, grâce essentiellement à la Compagnie des Indes orientales (VOC), créée en 1602 pour coordonner les échanges commerciaux avec l’Extrême-Orient et qui reste pendant longtemps la plus grande entreprise commerciale du monde. Parallèlement, la Compagnie des Indes occidentales (WIC) assure les échanges commerciaux avec l’Afrique occidentale et l’Amérique. La nécessité de protéger ces intérêts entraîne diverses guerres avec l’Angleterre en dépit des liens étroits qui unissent les 2 pays, puisque le stadhouder Guillaume II et son fils, le stadhouder Guillaume III, ont tous deux épousé des princesses anglaises.
La Révolution française marque la fin de la République des
Provinces Unies. En 1795, les troupes françaises envahissent les
Pays-Bas, qui deviennent un état vassal de la France, sous la dénomination de «République
batave». Les membres
de la maison d’Orange-Nassau fuient le pays.
En 1806, Napoléon fait des Pays-Bas un royaume, le «Royaume de Hollande», sur le trône duquel il place son frère Louis. Quatre ans plus tard, le pays est purement et simplement annexé à l’Empire. C’est sous Louis Bonaparte qu’Amsterdam devient la capitale.
En 1813, après la chute de l’Empire napoléonien, les Pays-Bas retrouvent
leur indépendance. On assiste alors à une lutte entre royalistes et
républicains, qui se termine à l’avantage des royalistes.
Guillaume Frédéric, prince d’Orange-Nassau, fils de Guillaume V, le dernier stadhouder, est rappelé de son exil anglais. Il débarque à Scheveningen en 1813 et accepte de devenir prince souverain des Pays-Bas. La Haye retrouve son statut de siège du gouvernement, mais Amsterdam garde celui de capitale. Le pays reste un État unitaire et ne retourne pas à l’ancien système de provinces autonomes.
Après la fuite de Napoléon de l’île d’Elbe, le Congrès de Vienne décide en 1815 d'assembler les Provinces Unies néerlandaises (Pays-Bas du Nord) avec les provinces belges (Pays-Bas du Sud) pour former un puissant état tampon à la frontière nord de la France. C'est la naissance du Royaume des Pays-Bas. Guillaume Frédéric est proclamé roi sous le nom de Guillaume Ier. La monarchie devient héréditaire.
En 1830, les Pays-Bas du Sud font sécession pour former un nouvel État, la Belgique. Les Pays-Bas prennent alors leur configuration actuelle. En 1890, à la mort de Guillaume III, s’achève la succession au trône en ligne directe masculine et s’éteint l’union personnelle entre la maison d’Orange-Nassau et le Luxembourg, la loi salique en vigueur dans ce pays excluant les femmes de la succession. Jusqu’alors, les rois des Pays-Bas étaient également grands-ducs du Luxembourg.
De 1890 à 1898, la régence est assurée par la reine Emma, épouse
de Guillaume III. En 1898, leur fille Wilhelmine atteint sa majorité et accède au trône.
Depuis lors, les Pays-Bas n'ont été dirigés que par des reines: la reine Juliana, fille de Wilhelmine, puis actuellement, la reine Béatrix, fille de Juliana.
Les Néerlandais sont attachés à leur souverain et la monarchie n'a jamais vraiment été remise en question. Il y a certes eu des crises (notamment durant le règne de la reine Juliana) et les dépenses de la famille royale font de plus en plus souvent l'objet de discussions au Parlement ces dernières années, mais aucune formation politique ne s'est aventurée à proposer l'abolition de la monarchie.
En savoir plus sur les rois et reines des Pays-Bas.
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